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Pêche au doré

Savoir affronter des conditions difficiles lors de la pêche au doré

21 novembre 2014

Pêche au doré

Richard Monfette – Magazine Sentier Chasse-Pêche – Guide de la pourvoirie 2014

Un bon pêcheur de doré doit être polyvalent pour réussir à tirer son épingle du jeu même lorsque Dame nature nous n’est pas favorable…

Tem­pé­ra­ture

Peu im­porte le mo­ment de l’an­née, les condi­tions at­mos­phé­ri­ques in­fluen­cent gran­de­ment le com­por­te­ment du doré et peu­vent sou­vent ex­pli­quer la plu­part de ses hu­meurs né­ga­ti­ves. Et une des pi­res si­tua­tions que peut vi­vre un adepte, lors d’un voyage de pê­che au doré, est l’ar­ri­vée d’un front froid. Ce genre de dé­pres­sion fait chu­ter la pres­sion ba­ro­mé­tri­que, aug­mente la vé­lo­cité des vents en pro­ve­nance de l’est et re­froi­dit la tem­pé­ra­ture de l’air et par ri­co­chet celle de l’eau. Tous ces fac­teurs in­fluen­cent né­ga­ti­ve­ment l’at­ti­tude du doré, qui cesse alors de s’ali­men­ter pour se ter­rer dans des sec­teurs plus pro­fonds en at­ten­dant que le beau temps (ou du moins une tem­pé­ra­ture nor­male) re­vienne.

Mal­heu­reu­se­ment, les do­rés ne re­com­men­cent pas à se nour­rir dès que le beau temps ré­ap­pa­raît. En fait, il faut sou­vent comp­ter deux jours avant que l’ac­ti­vité ne re­vienne in­té­res­sante. Ainsi, si on part pour un voyage de 5 jours et qu’on est confronté à deux jours de front froid sui­vis de deux jours de ré­cu­pé­ra­tion, on aug­mente drô­le­ment ses «chan­ces» de man­ger des sand­wichs au beurre de peanut !

Il n’y a pas 56 ma­niè­res de s’en sor­tir lors d’un voyage sem­bla­ble et la rè­gle est vrai­ment sim­ple : lors­que vous croyez pê­cher as­sez len­te­ment, di­mi­nuez en­core vo­tre vi­tesse de moi­tié. Les pré­sen­ta­tions doi­vent être len­tes, mais les leur­res doi­vent aussi être plus pe­tits qu’en temps nor­mal. Tentez de re­pré­sen­ter le plus fi­dè­le­ment pos­si­ble une proie vé­ri­ta­ble. Évi­tez les cou­leurs criar­des et op­tez pour des tons na­tu­rels. Per­son­nel­le­ment, lors­que confronté à ce genre de si­tua­tions j’ou­blie les leur­res ar­ti­fi­ciels et j’uti­lise un vers de terre que j’en­file sur un ha­me­çon dou­ble de­vancé de la pe­sée la plus lé­gère pos­si­ble. Je pê­che à la dé­rive ul­tra lente et lorsqu’une mor­sure survient, j’at­tends quel­ques se­con­des avant de fer­rer. Avec beau­coup de pa­tience on ne rem­plit pas le vi­vier, mais on peut au moins pré­cé­der ses sand­wichs d’une en­trée de doré.

Grands vents

Une au­tre si­tua­tion à la­quelle on est sou­vent confronté lors d’une se­maine de pê­che est l’ar­ri­vée de grands vents. Bien que ce ne soit pas des condi­tions très agré­a­bles pour le pê­cheur, le bras­sage d’eau qui s’en­suit sti­mule toute la chaîne ali­men­taire, dont le doré. Tout en de­meu­rant pru­dents, ceux qui sont prêts à se faire bras­ser le re­gret­tent ra­re­ment à la fin de la jour­née.

Un au­tre as­pect in­té­res­sant de ce genre de condi­tions est que les do­rés sont moins as­so­ciés à la pro­xi­mité du fond. On peut donc connaî­tre du suc­cès sans pour au­tant être cons­tam­ment en contact avec le sub­strat. À cer­tai­nes oc­ca­sions, la pê­che à la traîne quel­ques pieds au-des­sus du fond sera même su­pé­rieure à une ap­pro­che stan­dard. En fait, pour connaî­tre le suc­cès es­péré il faut sur­tout ré­sis­ter à la ten­ta­tion de se ca­cher dans une baie ou der­rière une île à l’abri du vent… et donc, des pois­sons.