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Chasse à l’orignal : Récit d’un monstre récolté en pourvoirie

1 octobre 2014

Chasse à l'orignal : Récit d’un monstre récolté en pourvoirie

Louis Turbide – Magazine Sentier Chasse-Pêche – Guide de la pourvoirie 2013

Lors de l’automne 2011, j’ai eu le privilège de récolter un mâle orignal au panache démesuré, en pourvoirie au Québec. Celui-ci a d’ailleurs figuré en page couverture de l’édition décembre 2011/janvier 2012 du magazine Sentier Chasse-Pêche..

Lorsque nous sommes arrivés sur notre territoire, le propriétaire nous a confié qu’un très gros mâle rôdait dans notre secteur. J’ai pris cela avec un certain grain de sel, en me disant que c’était probablement ce qu’il disait à tous ses clients au début d’un voyage. Mille excuses monsieur le pourvoyeur!!! Nous avons débuté notre chasse samedi le 1e octobre en après-midi et, dès la première séance d’appel, un mâle s’est montré réceptif mais sans pour autant nous donner une occasion de tir. Le même scénario s’est reproduit le lendemain et la matinée suivante. Je peux vous dire qu’après avoir passé si près de récolter notre mâle, à trois occasions, ma vision de la suite de ce reportage avait changé au cours de l’après-midi de ce fameux lundi 3 octobre. Je l’avoue.

En effet, je connais assez la chasse à l’orignal pour savoir que le vent peut tourner radicalement lors d’une semaine de chasse et l’action répétée peut faire place à un silence total en forêt. Malgré que nous ayons eu de l’action à chacune de non séances d’appels, je savais pertinemment que chaque séance non couronnée de succès, rendait de plus en plus complexe l’atteinte de l’objectif ultime. En ce lundi après-midi, la pression du reportage et de la récolte d’un trophée digne de mention venait de me rentrer de plein fouet dans le corps. Lorsque j’ai entamé mes appels, je savais pertinemment que je me trouvais dans le meilleur endroit de notre territoire, quoique le vent ne semblait pas de son côté vouloir baisser d’intensité. Certes, cela me décevait, au point de penser que je perdais mon temps à cet endroit. Ainsi, après tout près d’une heure de vocalises, j’ai décidé qu’on allait changer de place, question de tenter de découvrir un endroit moins venteux et où le call pourrait porter un peu plus loin. C’est ainsi que nous nous sommes déplacés pour trouver un meilleur site, lequel nous permettrait de quadriller un autre secteur avec mes appels.

Le vent a tout de même joué les trouble-fête, mais je ne pouvais rien y faire pour le moment. À 18 h 00, l’action devait se passer à cet endroit précis. Charmé par mes appels, l’animal s’est entre autre dirigé vers moi, en ne flairant aucunement le piège que je lui avais tendu. Lorsque je l’ai aperçu la première fois, il devait se trouver à 250 pieds de moi. Je l’ai ensuite visé dans mon télescope mais, étant un archer avant tout, j’aurais tout aussi bien pu faire feu. J’ai ainsi décidé de le laisser approcher le plus près possible car il avançait d’un bon pas. Ce n’est que lorsqu’il fut rendu à moins de 40 pieds de ma position, et parfaitement parallèle à moi, que j’ai finalement fait feu.

À ce moment, je savais que c’était mon plus gros « buck » à vie, mais jamais en un gabarit aussi imposant. Généralement, je ne crie pas après la récolte d’un gibier, mais cette fois-là, ce fut plus fort que moi. J’étais tout simplement aux anges, tandis qu’une tonne de pression venait de tomber en même temps que ce mâle. Je n’ai cependant pu connaître l’envergure exacte du panache que le soir même. D’habitude, je traîne toujours un ruban à mesurer souple d’une longueur de… 60 pouces mais, étant un peu superstitieux, je l’avais laissé au chalet comme pour contrer le mauvais sort qui, selon moi, semblait s’acharner sur nous… Ce n’est donc que le lendemain matin que nous avons été en mesure de mesurer enfin le panache de notre orignal, pour nous rendre compte qu’il faisait plus de 60 pouces d’envergure. Ce fut carrément l’euphorie!

Avec un panache de 64,5 pouces, je sais que ce sera fort probablement le trophée de ma vie, et c’est pourquoi je le savoure grandement! Je suis aussi très fier de dire qu’il s’agit de l’orignal coiffé du panache le plus large ayant été récolté, dans le cadre d’un reportage au Québec.