Actualités > La pêche au Québec meilleure que jamais grâce à la remise à l’eau!

La pêche au Québec meilleure que jamais grâce à la remise à l’eau!

10 juin 2014

Glenn Dunning – Guide de la pourvoiries 2013

Les abondants lacs sauvages du Québec sont reconnus depuis longtemps pour leurs formidables possibilités de pêche. Alors que dans le passé, cette réputation a été obtenue sur la base de la quantité considérable de brochets et de dorés qui pourraient être pris lors d’une excursion d’une semaine, il y a eu un changement majeur dans la philosophie de la pêche par de nombreux pourvoyeurs professionnels de la province. Répondant aux désirs de leur clientèle, particulièrement les sportifs américains et les femmes friands de grosses prises et de poisson-trophée, un nombre croissant de pourvoiries récoltent les avantages de la gestion de leurs ressources en limitant le nombre de poissons qui sont retirés de leurs lacs et rivières.

La remise à l’eau

Le terme « remise à l’eau » ne signifie pas nécessairement de gracier chacun des poissons. La famille Koch, propriétaire de la pourvoirie du lac Berthelot et de la pourvoirie classée 5 étoiles St-Cyr Royal, a pratiqué la gestion des populations de poissons au cours des 15 dernières années. « Nous avons depuis longtemps réalisé que la limitation du nombre de poissons pêchés de nos plans d’eau améliorerait les possibilités de pêche pour les futurs clients. » explique le pourvoyeur Gary Koch. Il ajoute, « les règles de remise à l’eau peuvent différer selon les lacs de notre territoire. À la pourvoirie St-Cyr Royal, toutes les prises sont retournées, sauf pour un petit déjeuner occasionnel sur le rivage (shore lunch), tandis qu’à la pourvoirie du Lac Berthelot les règles sont plus souples. Dans tous les cas, cependant, nous demandons que les vieux et très gros brochets soient graciés à moins d’être mortellement blessés ».

Gracier le poisson n’est qu’une infime partie de cette nouvelle approche; l’équipement et les techniques de manutention sécuritaire jouent également un rôle important. Restreindre l’utilisation des hameçons triple et favoriser plutôt ceux sans ardillon permet au poisson de retourner dans son milieu sans blessure. Les filets de caoutchouc, comparativement à ceux noués en nylon, sont nettement plus doux pour la peau sensible de la plupart des espèces. La technique de la civière à poisson, utilisée par le guide et permettant ainsi de libérer la prise sans la retirer de l’eau, est de plus en plus répandue dans les destinations de pêche de première ordre au Québec. Sans surprise, ces plans d’eau produisent les plus gros poissons.

La dernière pièce du puzzle c’est l’éducation. Les pêcheurs ont besoin d’instructions pour comprendre les spécificités de la remise à l’eau. Une mauvaise manipulation entrainant de toute façon la mort du poisson n’a rien de positif. Inévitablement, certains poissons subiront des blessures mortelles et traumatismes lors du combat ou de l’enlèvement du crochet. Sans pouvoir toutefois y remédier, les pourvoyeurs comprennent cette réalité tout en reconnaissant combien sont délicieux les filets de doré mijotant dans une bonne poêle en fonte. Cependant, c’est pour préserver une activité de pêche incroyable au Québec que tout cela vaut la peine. Pensons aux générations futures de pêcheurs!

* Glenn Dunning est membre honorifique de New England Outdoor Writers Association et chroniqueur mensuel pour les publications Woods & Waters USA et Northwoods Sporting Journal. Glenn est également le propriétaire de TUNDRATOUR Consultants, une agence de voyages spécialisée dans les aventures de chasse et de pêche.