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Leurres_imitations_ou_copies_Patrick_Campeau_30_juin_2012

CHRONIQUE: Leurres: imitations ou copies

20 mai 2013

Leurres_imitations_ou_copies_Patrick_Campeau_30_juin_2012

Patrick Campeau – Journal de Montréal – 30 juin 2012

Il existe une foule d’offrandes sur le marché qui permettent aux pêcheurs de taquiner les ­poissons qui les font rêver.

Lorsque j’avais 14 ou 15 ans, je me souviens d’avoir été dans une boutique spécialisée pour acheter des leurres. Mon budget était franchement limité, tout de même, je souhaitais garnir les compartiments de mon coffret. La blanche et rouge était alors reconnue comme étant l’une des meilleures cuillères sur le ­marché. Dans le présentoir, il y avait des Dardevle qui se vendaient environ trois ou quatre dollars, puis il y avait d’autres modèles qui étaient offerts à moins de cinquante cents.

Je me souviens d’avoir acquis une de chacune. À ma grande stupéfaction, la version économique, qui n’était rien de plus qu’une vulgaire copie de la populaire offrande qui affichait une tête de diable, était beaucoup plus légère et n’offrait vraiment pas la même action. De plus, elle a rouillé après peu de temps. Le subterfuge employé par le manufacturier imitateur avait bien fonctionné, car il avait capturé un pêcheur de plus.

Il faut débourser plusieurs milliers de dollars pour développer un nouveau modèle de leurre qui fonctionne vraiment. Il faut faire des prototypes et les essayer. Il faut ensuite faire de la publicité, des promotions, etc. Pourquoi se donner tout ce mal, quand il suffit de copier une formule gagnante qui a déjà fait ses preuves !

EFFETS NÉGATIFS

Lorsqu’on prend quelques minutes pour analyser ce genre de situation lamentable, on s’aperçoit, quelques décennies plus tard, que la même cuillère existe toujours, mais que les ventes sont maintenant infimes comparativement à ce qu’elles étaient. J’ai la ferme conviction qu’à force d’utiliser les mêmes offrandes à répétition, les poissons sont capables de reconnaître l’arnaque que vous tentez de leur présenter. Je dis souvent à la blague, en parlant de la blanche et rouge, que les poissons étaient tellement habitués de les voir nager dans leur plan d’eau, qu’ils étaient capables de dire leur prix et les tailles disponibles dans la plupart des boutiques locales. Oui, il est vrai que si vous pêchez un lac qui a subi peu de pression de la part des amateurs au fil des ans, comme dans l’arrière-pays par exemple, vous aurez peut-être de bons résultats. Il s’agit toutefois d’une tout autre histoire dans la région ­métropolitaine.

Quand Julio Buel a développé la première cuillère en 1824, il s’est servi de son génie inventif pour arriver à ses fins. Il n’a pas plagié l’œuvre d’un ­compétiteur.

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