Chroniques > CHRONIQUE: Mon premier saumon
Mon_premier_saumon_Patrick_Campeau_7_juillet_2012

CHRONIQUE: Mon premier saumon

13 septembre 2012

Mon_premier_saumon_Patrick_Campeau_7_juillet_2012

Patrick Campeau – Journal de Montréal – 7 juillet 2012

Il y a 10 jours de cela, j’ai eu le plaisir de capturer, pour la première fois de ma vie, ce noble combattant qu’est Salmo Salar.

Au cours de ma longue carrière à titre de pêcheur professionnel, j’ai eu l’occasion de pêcher à peu près toutes les espèces qui nagent dans les eaux canadiennes, de la barbotte au requin.

Pourtant, je rêvais depuis ma tendre enfance d’affronter le roi de nos eaux. Il faut dire que les nombreux écrits, les belles photos et les images à couper le souffle mettant en vedette ce poisson emblématique avaient alimenté mon désir de me mesurer à ce grand migrateur. Je n’avais jamais tenté ma chance dans l’une des 60 rivières à saumon du Québec parce que je ne me considérais pas comme un assez bon moucheur et je ne connaissais pas bien les règles et l’éthique à suivre.

Initiation

Martin Poisson est un saumonier accompli depuis près d’un quart de siècle. Il y a plus d’une décennie qu’il offre ses services à titre de guide.

L’hiver dernier, ce passionné m’a invité à l’accompagner pour une brève excursion de deux jours. Il insista beaucoup et me dit qu’il souhaitait vivement pouvoir clamer haut et fort qu’il serait le premier à avoir permis à l’auteur de ces lignes de déjouer ce majes­tueux salmonidé. Je vous avouerai que j’étais plutôt sceptique, car j’avais entendu plusieurs récits d’amateurs qui étaient revenus bredouilles.

Les faits

Le 24 juin, nous nous sommes rendus, mon copain Sylvain « Speedo » Lafrenière et moi, à Bonaventure, en Gaspésie. Il faut compter environ 10 heures pour franchir les 900 km qui nous séparent de cet éden.

Martin s’était occupé des différentes formalités d’inscription dans la ZEC où nous pêcherions.

Le premier matin, nous nous sommes dirigés vers le secteur B4 de la rivière Bonaventure. Nous avons alors exploité plusieurs fosses, bien assis dans le canot de notre guide. Vers midi, un castillon d’environ quatre livres s’élance sur ma mouche noyée, une Blackbear Green Butt Spey. Malheureusement, il s’est décroché à environ quatre mètres de moi, après s’être déchaîné au bout de ma soie. Ce qui rend l’expérience encore plus unique, c’est que les eaux de cette rivière, qui est considérée comme l’une des plus belles au monde, sont vraiment cristallines. On peut donc voir les poissons se déhancher tout au long de leur affrontement. Quelques minutes plus tard, mon compagnon réussit à sortir de ce cours d’eau limpide un beau grilse de 3 1/2 lb, aussi appelé madelineau. Ce dernier a succombé au charme d’une Tiger Ghost Spey.

Mardi, le temps est sombre et la pluie s’annonce à l’horizon. Nous mouchons alors à gué, dans le secteur public D, de la même ZEC. Après avoir fouetté le pool Sinclair pendant plus de 90 minutes sans résultat, notre mentor me suggère d’opter pour une mouche sèche Labatt Bleue. À ma septième ou huitième tentative, un colosse d’une douzaine de livres a tenté de gober mon offrande. Au lancer suivant, un spectaculaire combat d’une vingtaine de minutes s’est alors amorcé. Ce représentant de cette lignée de batail­leurs en a alors fait voir de toutes les couleurs à ma canne à mouche. J’ai vraiment vécu toutes les gammes d’émotions au cours de cet assaut. Heureusement, j’ai pu le tirer jusqu’à la rive, où il a été gracié sur-le-champ. Il faut savoir qu’à cet endroit tous les poissons de 63 cm et plus doivent être systématiquement remis à l’eau pour assurer la pérennité de l’espèce.

Stratégies

Martin Poisson prend le temps nécessaire pour enseigner, au besoin, les différentes techniques à favoriser pour faire réagir l’espèce visée.

Lisez la suite de cet article