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Projet de loi sur l’immatriculation des armes à feu : La FPQ s’oppose

3 février 2016

En appui à la position de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) sur le projet de Loi sur l’immatriculation des armes à feu, la Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ) se réjouit de l’annonce de plusieurs députés qui n’excluent pas la possibilité de s’opposer à l’adoption de ce projet de loi afin de représenter la volonté des électeurs qui s’interrogent publiquement sur sa pertinence.

La FPQ croit fermement que tout processus d’enregistrement des armes de chasse serait dommageable pour l’industrie de la chasse au Québec, tant au plan économique qu’au plan de son attrait pour la relève québécoise et les chasseurs non-résidents. Plusieurs milliers de chasseurs venant de l’extérieur du Québec fréquentent les pourvoiries chaque année et génèrent des retombées économiques importantes et participent au maintien de milliers d’emplois, essentiellement dans les régions éloignées.

Un registre québécois des armes à feu inquiète Serge Danis, président de l’Association des pourvoiries de l’Outaouais et responsable du dossier des armes à feu à la FPQ : « Alors que le Québec serait dorénavant la seule province canadienne à exiger un enregistrement des armes de chasse, comment penser que les étrangers continueraient en aussi grand nombre à venir pratiquer leur activité dans notre province? Le Québec peut-il vraiment se priver de ces recettes touristiques? »

En effet, bien que le projet de loi prévoit que l’immatriculation ne soit pas obligatoire pour une arme à feu présente sur le territoire du Québec pour une période de 45 jours ou moins, la simple constatation qu’une loi sur l’immatriculation des armes à feu existe au Québec risque de rebuter les chasseurs non-résidents qui verront notre province comme une destination complexe et non attrayante pour la pratique de l’activité. D’autant plus que les non-résidents américains, majoritairement contre le concept d’enregistrement des armes de chasse, doivent déjà procéder au contrôle de leurs armes à feu lorsqu’ils franchissent les douanes.

Qui plus est, la FPQ tient à rappeler que l’objectif de connaître les personnes qui sont susceptibles de posséder une arme est atteint par l’exigence de détenir un permis de possession et d’acquisition d’arme à feu (PPA). Les données recueillies lors de la délivrance de ce permis sont accessibles à tous les corps policiers, qui peuvent ainsi prendre les précautions appropriées lorsqu’ils ont à effectuer des interventions. D’autre part, la FPQ soutient aussi que ce sont l’éducation et la connaissance des notions d’entreposage et de manipulation sécuritaire des armes à feu qui peuvent réellement sauver des vies.

Sans compter que le coût potentiel de l’instauration et de gestion du registre a de quoi faire sourciller sur la pertinence en termes de priorité alors qu’il y a un manque criant d’argent en santé, en éducation et en tourisme. « La FPQ est bien loin de prôner une culture des armes comme aux États-Unis, par contre nous croyons que les mesures actuellement en place et beaucoup plus restrictives que chez nos voisins du sud assurent une protection suffisante. Le fait de mettre en place un registre ne sauverait aucune vie, alors qu’un investissement pour le même montant en santé mentale, oui » de rajouter M. Danis.