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J’ai trouvé le paradis au nord du 53e

19 novembre 2015

© Yves Demers

© Yves Demers

Comme un gamin, j’ai compté les dodos. Demain, ce sera le grand jour, le départ pour une merveilleuse semaine de pêche en pourvoirie.

Après seulement quelques minutes de vol, nous sommes déjà dans un autre monde. Il n’y a plus de signes de civilisation, et un panorama infini de lacs et de rivières (que nous espérons pleins de gros poissons voraces) défile sous nos yeux.

Ce voyage nous permet de décrocher du quotidien. Les discussions, blagues et anecdotes sur les séjours antérieurs vont bon train. Après avoir pêché toute la nuit (en rêve), le lendemain matin, je suis prêt à capturer un monstre !

Le décor est grandiose, les lacs sont immenses, le nôtre a environ 20 kilomètres de longueur. Les rivières sont grosses et tumultueuses. L’eau est très limpide. La nature est inviolée.

La pêche à son meilleur

Tôt le matin, mon coéquipier et moi-même sommes à l’œuvre. Les lacs sont en général peu profonds, il faut donc prospecter et trouver des fosses où sont concentrées les truites grises. Technologie aidant, avec notre sonar et notre GPS, nous y arrivons assez facilement. Pendant quelques heures, nous quadrillons donc le lac, délimitons les déclivités et enregistrons leur localisation de façon précise. Les prises ne se font pas attendre; en l’espace de quelques heures, nous capturons 29 truites grises d’un poids moyen d’environ trois kilogrammes, la plus grosse pesant 4,5 kilogrammes. À cinq reprises, les truites attaquent quasi simultanément nos deux lignes, ce qui porte notre plaisir à son comble. Nous en venons à chronométrer le nombre de secondes entre deux touches ! Nos compagnons qui pêchent en rivière s’en donnent eux aussi à cœur joie, capturant jusqu’à une centaine de truites mouchetées par jour. Il y a aussi dans ces eaux, à l’occasion, de gros brochets à l’affût de proies près des chutes et des ouananiches. Il va sans dire que les prises sont toutes graciées, sauf deux, et je vous explique pourquoi.

La gastronomie sur la plage

De retour au chalet, l’un de mes compagnons se propose pour nous préparer le repas du soir. Nous nous regroupons sur la plage avec, en tout et partout, deux belles grosses truites, un couteau et une allumette. Ah ! J’oublie, nous avons fait une concession, soit un bon vin blanc dans une vraie coupe en verre. Des pierres sont savamment disposées, une belle roche plate coiffe le tout, un feu est allumé et la cuisson commence. Environ une heure plus tard, je déguste le meilleur poisson que j’ai mangé à vie. Nous avons terminé notre repas avec une délicieuse infusion de thé du Labrador, qui pousse à profusion autour du camp. J’ai d’ailleurs promis à mon épouse que, dans le futur, à mon retour d’un voyage de pêche, je lui préparerais un festin similaire cuit sur feu de bois et pierres plates, avec congé de vaisselle de surcroît !

Et puis, lentement, c’est le crépuscule. Nous sommes un peu déçus de constater à quel point le temps peut s’écouler rapidement. Cependant, nous ne sommes pas encore au lit qu’une surprise nous attend. Le rideau se lève, le ciel est rempli d’étoiles , le spectacle commence : des aurores boréales d’une beauté à couper le souffle nous émerveillent pendant plusieurs minutes. Nous sommes installés aux premières loges, et nos appareils photo mitraillent le spectacle .

Finalement, Morphée nous emporte tous après cette journée exceptionnelle, mais ce n’est pas grave; demain est un autre jour, et savez-vous quoi ? Demain, on recommence !

J’ai vécu un séjour inoubliable et je vous en souhaite d’aussi beaux. Le choix ne manque pas au Québec ! Faites-vous accompagner de gens d’expérience si vous n’êtes familiarisé avec ce type de voyage, préparez-vous méticuleusement et soyez toujours très prudent, car cette nature qui est si belle peut aussi s’avérer sauvage.

Par Reynald Gilbert, Aventure Chasse & Pêche dans le Guide de la pourvoirie 25e anniversaire