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Chevreuil : Alternative à l’appâtage

16 mars 2015

Depuis bon nombre d’année, la chasse au chevreuil rime avec appâtage pour une grande majorité des chasseurs et je ne fais pas exception à la règle. C’est toujours intéressant de voir à quelle vitesse les pommes ou les carottes qu’on dépose au sol disparaissent à la vitesse de l’éclair. Lorsqu’en plus, on dispose des caméras de surveillance à nos sites appâtés, c’est l’apogée. Savoir exactement à qui on a affaire, c’est vraiment fascinant! Mais la réalité nous rattrape rapidement. Les mâles qu’on a photographiés en début de saison deviennent rapidement nocturnes et la partie devient alors beaucoup plus difficile. Notre site est alors contaminé d’odeurs et les chevreuils savent pertinemment qu’un intrus est présent près de ce repas qui, soudainement, devient signe de danger potentiel.

Si vous chassez dans un secteur où le chevreuil est relativement abondant, vous pouvez aisément tirer votre épingle du jeu différemment. Il y a quelques années, j’ai eu la chance de chasser dans un boisé situé à proximité d’un immense champ de maïs. Dans ce cas-ci, il était totalement inutile de déposer un tas de pommes au sol pour espérer voir les chevreuils accourir à mon site. C’était illusoire de penser que 100 livres de nourriture pouvaient plus intéresser plus les chevreuils qu’un champ entier de nourriture qui offrait en plus une cachette sûre.

J’ai donc marché cette terre pour découvrir les endroits stratégiques où je pouvais me positionner discrètement. En faisant cet exercice, j’ai pu identifier sept endroits différents pour faire le guet du haut d’un simple petit banc. Certains postes d’affût étaient en bordure du champ mais la plupart était en forêt. En plus de ne nécessiter aucun investissement majeur d’équipement comme des miradors, cette façon de faire me permet surtout de passer totalement inaperçu et de changer de site à chaque jour si je le désire. Ainsi, en alternant d’un site à un autre, je m’assure de chasser des sites libres de toutes odeurs humaines. Dans le cas que je vous relate, cCette stratégie a porté fruit et je n’ai pas du attendre bien longtemps avant de récolter mon chevreuil. Bien installé sur mon banc, un mâle est venu à moins de 10 mètres de moi avant que je n’appuie sur la détente de mon arme à chargement par la bouche pour finalement le récolter. Ce chevreuil n’avait jamais détecté ma présence. Était-ce de la chance? Pas du tout, il empruntait régulièrement ce corridor naturel situé entre la délimitation de résineux et de feuillus. Puisque son environnement n’avait aucunement changé, ce mâle y circulait en toute confiance. De plus, puisque c’était la première séance d’affût que je faisais à cet endroit, le site n’était aucunement contaminé d’odeurs humaines qui auraient pu le mettre sur ses gardes.

Certains diront qu’il était facile d’obtenir du succès sans appâter sur un tel territoire qui offrait déjà le site nourricier idéal. Pas nécessairement! Si j’avais décidé d’exploiter qu’un seul site d’affût, ma chasse aurait été, fort probablement, beaucoup plus difficile. Le site aurait été rapidement contaminé d’odeurs et les chevreuils seraient devenus nocturnes. Le chevreuil est un animal très nerveux et plus on modifie son environnement, plus on se complique la tâche. En jouant au fantôme et en contaminant le moins possible d’odeurs ses sites d’affût (en alternant à chaque jour de poste de guet), on risque de chasser des animaux beaucoup moins nerveux et moins susceptibles de devenir nocturnes. Ainsi, les chances de succès sont augmentées de façon très significative et on n’a même pas à s’éreinter à trimbaler des centaines de livres de nourriture pour récolter notre gibier. S’il n’y a pas d’importantes sources de nourriture sur ou à proximité de votre territoire de chasse, vous pouvez appâter et tout de même adopter cette stratégie. Dans ce cas-ci, des postes d’affût stratégiques situés entre votre site appâté et le dortoir des chevreuils de votre secteur pourront vous permettre de déjouer votre chevreuil tout en jouant au fantôme.

Par Louis Trubide, Magazine Sentier Chasse-Pêche

Crédit photo: Sentier Chasse& Pêche