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Observez les rives et les courants

3 février 2015

Patrick Campeau – Chroniqueur chasse et pêche – Journal de Montréal

Lorsque j’étais plus jeune, mon grand-père Athanase, me disait des phrases, comme : « Nous allons pêcher ici, ça doit être plus profond qu’ailleurs, ça sera certainement productif ». J’étais tout simplement ébahi. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, nous n’avions pas de sonar. Je croyais vraiment que celui qui m’avait initié à la pêche était un genre de super héros qui pouvait voir ce qui se passait sous l’eau. Il m’expliqua quelques années plus tard, qu’il se fiait à la configuration de la rive pour tenter de prévoir la composition architecturale sous-marine. Par exemple, si la berge est plane sur mille mètres de longueur par mille mètres de profondeur, il y a fort à parier qu’une bonne partie de la section du plan d’eau adjacent sera plate et s’enfoncera peu. Par contre, s’il y a une montagne flanquée au pied du lac, il y a de grandes possibilités que la portion attenante soit très profonde.

Ce que j’ai appris plus jeune d’Athanase, c’est qu’il faut faire preuve d’imagination. Lorsqu’on regarde les formes riveraines, il suffit de les étirer comme si elles continuaient leur parcours sous l’eau. Cette science tout à fait inexacte nous donne une petite idée de ce qui se produit sous la surface. Il faut scruter visuellement les rives accidentées ainsi que leur configuration irrégulière pour comprendre que le prolongement imaginaire ne s’applique pas à tout coup. Je m’amuse souvent à imaginer ce qui se passe sous l’eau, avant de regarder mon sonar. Au fil des temps, à force d’analyser et d’observer, je vous dirais que 7 ou 8 fois sur 10, j’arrive à prédire avec une relative précision, la physionomie sous-marine environnante.

Je peux toutefois vous garantir que si vous n’avez pas de carte bathymétrique du plan d’eau que vous souhaitez exploiter, cette technique peut vous rendre de fiers services.

Les eaux vives

Dans le courant, tout ce qui dévie, qui freine ou qui réoriente le flot des eaux, représente un secteur de pêche potentiellement productif. En fait, tout obstacle qui interfère un tant soit peu le débit des eaux pourrait en fait constituer un habitat potentiel pour ceux que vous pourchassez avec votre canne à pêche.

C’est bien connu, les poissons qui séjournent dans des eaux vives doivent affronter continuellement les torrents qui déferlent autour de leur écosystème. Pour se reposer ou pour se cacher dans le but de vouloir chasser des proies, les différentes espèces optent pour des barrières naturelles. Toutes les roches, les fosses, les ressacs, etc. représentent des endroits pour être à l’abri de la masse d’eau en perpétuel mouvement. Les poissons ne peuvent pas constamment faire du surplace dans le courant ou éternellement dépenser leur énergie pour maintenir leur position.

Peu importe le type de pêche que vous pratiquez, sachez observer l’environnement qui vous entoure, votre pêche en sera bonifiée.

Bonne pêche!