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La pourvoirie selon Michel Beaudry

22 septembre 2014

La pourvoirie selon Michel Beaudry

Michel Beaudry – Chroniqueur au Journal de Montréal, humoriste et animateur – Guide de la pourvoirie 2013

“Les fesses.  Y en a des belles, des petites, des grosses.  Les fesses !”  Yvon Deschamps l’a chanté et c’est aussi vrai pour les pourvoiries.  Au Québec, on en trouve de tous les genres et, pour un vieux chasseur-pêcheur comme moi, c’est devenu une recherche, un jeu.  Je ne les compare même plus, je les savoure une à une pour leur confort, les services, leur territoire ainsi que les hommes et femmes qui les font vibrer.  J’ai passé les dix premières années de ma vie à la campagne; dans le bois, et intimement moulé à la nature.  Ensuite, mes parents ont choisi la ville; Montréal.  J’aime les deux modes de vie et, au fil des ans, j’ai réalisé que les pourvoiries devenaient le pont le plus logique et facile pour passer d’un à l’autre en toute aisance. 

Je me sens privilégié. Pendant que je suis à la ville, on s’occupe de ma forêt, de mes lacs, de mon gibier, de mes poissons. Lorsque débarque dans ce moment tant attendu, je suis accueilli et on m’a préparé ma passion, mes vacances.  Des fois, je suis un grand expert, d’autres fois, je suis maladroit ou j’ai oublié.  L’encadrement de la pourvoirie vient tout régulariser avec amitié et courtoise.  De la simple affiche dans un sentier à une intelligente gestion des ressources, il y a un monde de détails qui peuvent changer ce qui allait être une simple excursion, en un voyage mémorable.  Qui peuvent métamorphoser le séjour anodin en une réussite, en une récolte inespérée.

Je salue la naissance et le développement des pourvoiries et j’encourage leur perfectionnement.  Égoïstement, pour notre propre confort mais aussi pour la nature elle-même qui a besoin de protection, de supervision et de respect. Tous ces espaces majestueux ou petits coins cachés rendent le Québec tellement beau et unique que l’on doit tous s’impliquer une continuelle conscientisation de préservation.  Dans ce sens, ne serait-ce que pour leur propre succès ou survie, les pourvoiries sont des joueurs de premier trio, des leaders. 

« Pourvoyeurs, pourvoyeuses », dirait le politicien, « ne lâchez jamais votre beau travail. Vous êtes pour nous, amants de la chasse et de la pêche, une heureuse façon facilitée et intelligente de toujours revenir à nos amours de toujours.  Rapprochez-vous, encouragez-vous et conservez cette complicité entre vous, parce qu’elle est bénéfique pour nous, pour la nature, pour notre Québec chéri.

Et vous êtes des véritables ambassadeurs lorsque des étrangers viennent tremper leur curiosité dans nos affaires.  Vous avez une large part de responsabilité liée au développement et à la belle réputation de notre tourisme, de notre économie, de notre peuple.

Faut revenir du bois pour savoir comment bien y retourner.

On est loin du petit lit de camp dans le coin, de la chaise à trois pattes et d’une bouilloire rouillée sur le poêle à bois.