Chroniques > CHRONIQUE: Le meilleur temps pour le maski

CHRONIQUE: Le meilleur temps pour le maski

1 novembre 2013

Le-meilleur-temps-pour-le-maski-Patrick-Campeau

Patrick Campeau – Journal de Montréal – 10 novembre 2012

Tandis que la plupart des amateurs ont rangé leur équipement, il y a encore une minorité de passionnés qui maximisent leur chance de capturer ces géants aux grandes dents.

Le maskinongé est une espèce mythi­que qui fait rêver tous les pêcheurs. Une croyance populaire laisse croire qu’il faut investir un minimum de 100 heures si on souhaite déjouer un de ces spécimens, qui peut atteindre la taille de plus d’une cinquante de pouces et une circonférence impressionnante. En fait, comme pour tous les genres de pêche, plus vous avez de connaissances sur les mœurs et les habitudes du type de poisson visé, meilleures seront vos chances de le déjouer.

Certains spécialistes qui maîtrisent bien leur art capturent plus d’un trophée par jour. Surtout, à ce temps-ci de l’année, qui, en fait, est la période optimale. Même s’il est possible de taquiner ces bagarreurs tout au long de la saison estivale, c’est habituellement au cours des mois de novembre et décembre que la pêche est à son mieux.

Tout comme les dorés, les achigans, les brochets, etc., le roi de nos eaux doit augmenter sa masse corporelle à ce temps de l’année afin de pouvoir passer un hiver confortable. Pour y arriver, il doit se nourrir davantage, ce qui le poussera à l’occasion à être moins sélectif et plus témé­raire.

Changer d’approche

Lorsque l’eau est froide, le métabolisme de toutes les espèces ralentit inévitablement. Même si, quelques semaines auparavant, certains mordus sillonnaient la surface des eaux à près de 10 km/h, vous devez diminuer votre vitesse de déplacement en dessous de 5 km/h. Vous devrez aussi opter pour des poissons-nageurs qui s’enfonceront entre 7 et 9 m dans la colonne d’eau.

À cette période, la plupart des herbiers sont morts et se décomposent, ou bien ils disparaissent graduellement. Ainsi donc, au lieu de cibler les bordures d’algues, les talles submergées et les chenaux, les pêcheurs auraient davantage intérêt à exploiter les îlots sous-marins, les plateaux ainsi que les escarpements primaires et secondaires. Un bon sonar et un GPS seront d’indispensables outils qui vous guideront sur la voie du succès.

La bonne température

De maintenant à la prise des glaces, souvenez-vous que les meilleures journées seront celles où la très grande majorité des amateurs resteront confortablement emmitouflés à la maison! En fait, lorsque la température est maussade et que le temps se refroidit, c’est le temps d’y aller. En revanche, quand on peut percevoir un certain réchauffement climatique passager, cela ne plaît guère à ce prédateur qui règne tout en haut de la chaîne alimentaire.

Soyez bien équipé

Le maskinongé est une espèce qui se prête bien à la remise à l’eau à condition que vous ne l’ayez pas épuisé lors de la bataille. Il est évident que si vous devez affronter un monstre de plus de 20 kg, avec un fil de 15 lb de résistance, vous devrez redoubler de prudence et prendre des précautions inimaginables pour qu’il ne brise pas ses liens. Il vous faudra tellement de temps pour le ramener jusqu’à l’embarcation, qu’il aura déployé tous les efforts possibles et sécrété une trop grande quantité d’acide lactique pour pouvoir s’en remettre.

En optant pour un super fil de 65 ou 80 lb/test, vous pouvez affronter la bête avec confiance, être plus en contrôle et mettre fin au combat beaucoup plus rapidement. Il faut évidemment que votre moulinet puisse contenir un minimum de 150 à 200 verges de fil afin de pallier toute éventualité. Un avançon métallique de qualité, de plus de 24 po et d’au moins 100 lb de résistance est requis pour ce type d’affrontement. Pour ce qui est de votre canne, elle doit être puissante et rigi­de.

Une civière ou une épuisette robuste et de grande taille sera fort pratique pour vous permettre d’immobiliser votre capture.

Après avoir attrapé un de ces poissons, on ne tente pas de déloger les trépieds de sa gueule, car on risque alors de lui infliger de graves blessures. Prenez plutôt une bonne paire de pinces à bout tranchant et coupez vos hameçons, afin de les retirer. Vous n’aurez qu’à les remplacer par la suite, pour une modique somme.

Si vous voulez peser votre trophée à tout prix, faites-le lorsqu’il est dans la puise. Vous n’aurez qu’à soustraire le poids de cet accessoire par la suite. Ne soupesez jamais un de ces colosses en introduisant le crochet de la balance dans sa gueule ou à la jonction des branchies. Il ne s’en remettrait pas et ce serait malheureux de mettre ainsi fin aux jours d’un de ces guerriers qui aurait pu vous livrer d’autres combats spectaculaires. Les adeptes utilisent plutôt un ruban pour mesurer leur longueur et leur tour de taille. Puis, en vous rendant sur le site de www.muskiescanada.ca vous pouvez trouver une petite formule toute simple qui vous indiquera le poids approximatif de votre prise.

Habillez-vous adéquatement et portez des vêtements de flottaison.

Bonne pêche!