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CHRONIQUE: 10 techniques pour la remise à l’eau

11 février 2013

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Patrick Campeau – Journal de Montréal – 9 février 2013

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Il est impératif de savoir que ce n’est pas tout de remettre un poisson trophée dans un lac ou une rivière, il faut le faire selon les règles de l’art pour assurer sa survie. C’est le biologiste, Martin Arvisais, de la direction de la faune aquatique du MDDEFP qui en est l’auteur. Il a présenté le tout sous la forme de 10 commandements. Voici donc l’essentiel de ses propos.

I.        Utilisez des leurres artificiels munis d’hameçons simples et une épuisette à petites mailles sans noeud

Les poissons avalent plus profondément les appâts naturels que les leurres artificiels, ce qui occasionne des blessures importantes entraînant des taux de mortalité plus élevés. Si vous pêchez tout de même avec des appâts naturels, utilisez un hameçon circulaire. Ce type d’hameçon permet d’éviter de ferrer un poisson dans les branchies ou dans l’estomac et d’ainsi réduire la mortalité à la remise à l’eau. L’utilisation d’hameçons sans ardillon n’est pas déterminante pour réduire l’impact des blessures,mais l’absence d’ardillon facilite le décrochage du poisson ce qui réduit le temps de manipulation et le stress du poisson.

Nous recommandons de décrocher et de contrôler le poisson sans recourir à l’utilisation d’une épuisette. Cependant, lorsque l’utilisation d’une épuisette s’impose ou permet de limiter la durée du combat, il faut privilégier une épuisette à petites mailles sans nœud, en caoutchouc ou en coton, afin de limiter les blessures que le poisson pourrait s’infliger en se débattant. 

II.    Évitez la pêche avec remise à l’eau lorsque la température de l’eau est trop chaude

Une température de l’eau trop chaude constitue un facteur de stress pour le poisson. Si l’on y ajoute le stress d’une capture, d’un combat et de manipulations de remise à l’eau, elle peut s’avérer fatale pour le poisson. Par conséquent, nous recommandons de ne pas pêcher les salmonidés indigènes (ex :touladi, omble de fontaine, omble chevalier et saumon atlantique) lorsque la température de l’eau est supérieure à 21C et que vous désirez faire de la remise à l’eau.

III.    Ayez tout l’équipement nécessaire à portée de main

Ayez toujours à portée de main l’équipement nécessaire pour mesurer, décrocher et photographier vos prises. D’une part, cela facilitera les manipulations et le décrochage des poissons et, d’autre part, la remise à l’eau du poisson sera accélérée.

IV.    Limitez la durée du combat le plus possible

Le combat est une activité musculaire très intense pour le poisson pouvant le conduire à l’épuisement ou même à la mort. Afin de limiter ce risque, réduisez au minimum la durée du combat. Pour ce faire : récupérez le poisson le plus rapidement possible après l’avoir ferré et utilisez une canne, un moulinet et un fil à pêche appropriés à la taille de l’espèce recherchée.

V.  Évitez de pêcher inutilement en profondeur

Les poissons capturés en profondeur et ramenés rapidement à la surface risquent de souffrir de décompression. Le spectacle peut parfois sembler choquant pour le pêcheur puisque le poisson recrache alors littéralement sa vessie natatoire. Ce phénomène s’explique par le changement rapide de pression que subit le poisson lors de sa remontée. Ce phénomène s’observe principalement chez les poissons physoclistes (doré, perchaude, bar) qui ne sont pas en mesure de s’ajuster rapidement à un changement de pression. Il est donc préférable d’éviter de pêcher les poissons physoclistes inutilement en profondeur. Sinon, nous recommandons de les remonter plus lentement lorsqu’ils sont capturés à plus de 15 mètres de profondeur afin de leur permettre de faire des paliers de décompression.

VI.    Évitez de toucher aux branchies ou aux yeux du poisson.

Ne touchez jamais aux branchies des poissons. Ces organes vitaux, qui sont protégés par les opercules (ouïes) permettent aux poissons d’extraire l’oxygène dissous dans l’eau et de rejeter le gaz carbonique et les autres déchets métaboliques. Ce sont en fait les poumons du poisson. Une blessure, même mineure, infligée aux branchies peut entraîner la mort du poisson. Il en va de même pour les yeux du poisson.

VII.    Manipulez le poisson délicatement et le moins longtemps possible.

Manipulez doucement le poisson, le moins longtemps possible et évitez d’enlever le mucus qui le recouvre. Cette substance agit comme barrière protectrice contre les infections. L’enlèvement du mucus expose le poisson aux bactéries et champignons présents dans l’eau. De plus, il ne faut jamais placer un poisson à l’horizontale sans le tenir adéquatement.

VIII.    Maintenez le poisson dans l’eau tout au long des manipulations

Faites les manipulations en maintenant le poisson dans l’eau. Si vous devez le manipuler hors de l’eau, ayez de préférence les mains nues et mouillées en limitant le plus possible le temps d’exposition à l’air à moins de 15 secondes. Plus le poisson est exposé longtemps à l’air, moins bonnes sont ses chances de survie.

IX.    Retirez l’hameçon délicatement et coupez-le s’il est trop profondément engagé

Retirez délicatement l’hameçon en utilisant des pinces à long bec. Si l’hameçon est profondément inséré dans le poisson, coupez l’avançon près de l’œil de l’hameçon. Il est préférable de laisser un hameçon dans le poisson plutôt que de s’acharner à tenter de l’enlever puisque cela augmente son temps d’exposition à l’air et aggrave ses blessures.

X.    Laissez au poisson le temps de récupérer sans lui imposer de mouvement de va-et-vient

Laissez au poisson le temps de récupérer. Lorsqu’il commence à se débattre, respire normalement et a retrouvé l’équilibre, relâchez-le.

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