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CHRONIQUE: Une ressource épuisable

23 août 2012

CHRONIQUE: Une ressource épuisable - Patrick Campeau - Journal de Montréal

Patrick Campeau – Journal de Montréal – 21 avril 2012

Lorsque les experts du MRNF établissent des limites de captures et des périodes de pêche, c’est évidemment pour proté­ger les différentes espèces.

On apprenait dernièrement qu’il sera dorénavant complètement interdit de pêcher la perchaude au lac Saint-Pierre, été comme hiver, pour une période de cinq ans. Selon les résultats obtenus, il semblerait que l’ensemble des populations ne parvient pas à se rétablir.

Il serait bien facile de lancer la pierre aux différents intervenants. Est-ce la faute du gouvernement et d’un certain laxisme ? Est-ce que les milliers de tonnes soutirées par les pêcheurs commerciaux à même cette ressource collective ont eu un impact trop lourd sur ces percidés ? Est-ce que les satanés braconniers ont trop volé de poissons à Mère Nature ? Est-ce qu’il y a eu trop de pression de pêche, trop de pollution, trop de ci, trop de ça, pas assez de ci et pas assez de ça ? En fait, je crois sincèrement qu’il s’agit d’une combinaison de tous ces facteurs.

Situation similaire

Dans les années 1960, en Gaspésie, on considérait la morue comme une espèce plus qu’abondante et on agissait comme si la population ne pouvait décliner.

À titre d’exemple, les grandes flottes étrangères et les pêcheurs commerciaux canadiens ont soutiré plus de 1 500 000 tonnes de poisson en 1968. La pression de pêche était si forte que les pêcheurs ont commencé à prendre moins de morues en 1970.

Réaction

Le gouvernement a heureusement alors réagi et a étendu sa juridiction jusqu’à 200 milles des côtes pour limiter l’accès aux mégabateaux étrangers. Suite à ces restrictions, il y a eu un regain des populations en 1979.

Les gens n’avaient pas retenu la leçon et ont recommencé à croire que cette manne était redevenue inépuisable.

Les pêcheurs canadiens se sont alors équipés de bateaux beaucoup plus performants, qui leur permettaient d’attraper jusqu’à trois fois plus de spécimens que dans les années 1960.

Le commencement de la fin

Au milieu des années 1980, un deuxième déclin s’est amorcé. Les pêcheurs ont commencé à capturer moins de morues et, comble de malheur, elles étaient plus petites.

Même si le taux d’exploitation était à son apogée, les grands spécialistes de l’époque n’ont pas prévu le coup et ont cru que la baisse n’était que passagère.

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