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CHRONIQUE: Une chasse qui se prépare

3 mai 2012

CHRONIQUE: Une chasse qui se prépare - Patrick Campeau - Journal de Montréal

Patrick Campeau – Journal de Montréal – 18 avril 2012

Dès le 4 mai, les nemrods pourront se lancer aux trousses des dindons sauvages mâles.

Depuis quelques années à peine, il est possible de récolter un de ces oiseaux nerveux et toujours aux aguets, en matinée, durant leur période de reproduction. La saison, qui était censée s’étirer jusqu’au 29 mai dans les zones 5, 6, 8 et 10, a été écourtée et se terminera plutôt le 25. Dans les autres secteurs, elle prendra fin le 15, au lieu du 18 mai, tel qu’annoncé antérieurement sur le site du MRNF.

La bête

Avant même de penser à l’activité de prélèvement, il est important d’approfondir vos connaissances sur ces magnifiques gibiers ailés.

Sachez que ces grands gallinacés ont une vision exceptionnelle qui leur permet de voir sur un axe de 300 degrés avec un facteur d’amplification de 4X. Ces deux critères expliquent en partie les raisons pour lesquelles ce type de chasse est considérée comme étant très ardue.

Il y a deux périodes d’accouplement au printemps. Les mâles glougloutent alors des mélodies pour charmer les femelles en quête de sensations fortes. La plupart des relations amoureuses sont fructueuses dès le premier acte. Toutefois, si des dindes voient leur couvée anéantie par la prédation occasionnée par des renards, des ratons laveurs, des corneilles ou par une crue des eaux inattendues, elles ont une deuxième chance pour avoir une portée.

Conseils d’un pro

Un des plus grands spécialistes dans ce domaine, Mario « la couwett » Lacasse, d’Ange-Gardien, a bien voulu indiquer aux lecteurs du Journal de Montréal quelques trucs pour qu’ils puissent avoir de meilleures chances de récolter un de ces oiseaux au tempérament colérique.

La première étape consiste à sillonner les routes afin de localiser visuellement des dindons.

Après avoir identifié quelques troupeaux, il est important de rencontrer le propriétaire des terres où vous souhaitez tenter votre chance et d’obtenir des autorisations en règle.

La prochaine étape, et ce serait maintenant le bon temps de s’y mettre, consiste à découvrir le territoire de long en large afin d’identifier les dortoirs, les endroits de parade et d’alimentation, les sites potentiels de couvée, etc. Une carte topographique détaillée sera un précieux outil à utiliser sur le terrain et vous rendra de fiers services pour déjouer les mâles équipés d’une barbe.

Lors de vos ballades, retenez que les emplacements où on retrouve des conifères seront particulièrement fréquentés au cours des nuits froides et venteuses ainsi que durant les journées chaudes. Tentez aussi de localiser les parcelles de terrain où il y a des bouleaux ou des peupliers, qui sont considérés comme des endroits à privilégier lors des nuits chaudes. Si vous trouvez des fientes et des plumes, cela vous indique que vous êtes sous un perchoir.

Retenez que les espaces surélevés sèchent plus rapidement au printemps. Les dindes pourront y prendre des bains de poussière pour se débarrasser des parasites et des insectes piqueurs.

D’autres astuces

Lors de votre prospection, identifiez les cours d’eau. Les femelles y pondent leurs œufs à proximité, dans les broussailles sèches et bruyantes qui indiquent instantanément la présence des intrus. Tout au long de la couvée, qui dure 28 jours, elles se passeront de nourriture, mais elles continueront tout de même à s’abreuver.

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