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ACTUALITÉ: Stallone peut aller se rhabiller

6 mars 2012

ACTUALITÉ: Stallone peut aller se rhabiller - Ronald King

Ronald King – CyberPresse.ca – 27 février 2012

Il lui manquait un ours. Après une journée sans résultat, Corinne a vu ses compagnons de chasse retourner chez eux, mais elle a décidé de retourner seule dans la forêt avec son arc, plutôt que sa Browning 30-06. Elle a déjà fait du tir à l’arc de compétition, son sport préféré.

«On commence par mettre des appâts, on se cache, on reste silencieux, on ne bouge plus et on attend. J’étais en chasse par terre, c’est-à-dire sans cache ni grimpée dans un arbre. L’ours est arrivé. Il était curieux, les ours ne sont pas agressifs. Je me trouvais entre les appâts et lui, à trois mètres de distance. J’ai fait un petit mouvement avec mon bras pour qu’il sache qu’il y avait quelque chose. Il m’a contournée et il est allé se nourrir.

 «C’était un jeune ours, alors j’ai décidé de ne pas tirer. Je savais qu’il y avait un gros ours dans les parages, nous l’avions capté sur vidéo, et c’est celui-là que je voulais. J’ai donc campé pour la nuit. Le lendemain, le même ours est revenu. J’étais à environ 12 mètres de lui, j’ai tiré dans la zone vitale, coeur-poumon-foie. La flèche est passée à travers lui et elle est ressortie intacte. Il a marché environ 30 mètres et il est tombé.

 «Je l’ai vidé dans le bois, il faut toujours vider l’animal. J’étais seule pour le transporter, mais il faut savoir se débrouiller. J’avais pensé à apporter une brouette de jardin dans mon camion. Je l’ai transporté seule, il pesait environ 150 livres. Un boucher l’a dépecé et on l’a mangé, c’est une excellente viande. On ne perd rien, il n’y a jamais de gaspillage.

«Je garde la peau, le crâne et les griffes…»

C’est ainsi que Corinne Gariépy, 31 ans, a réalisé son «grand chelem», le rêve de tout chasseur: un orignal à Matane, un chevreuil (en fait, deux en 30 minutes) dans l’île d’Anticosti, un caribou à Radisson et un ours dans le parc de la Mauricie. Tout ça en une saison de chasse.

 «J’ai pensé au grand chelem quand j’ai récolté le caribou [les vrais chasseurs disent récolter, ils évitent tuer, abattre, descendre…]. C’est la chasse la plus compliquée. J’étais à environ 500 pieds de lui quand j’ai tiré. Il faisait -35 degrés, on n’enlève pas ses mitaines sans avoir une bonne raison. Neuf cents kilomètres en trois jours à LG2… Tout était gelé, les cagoules et les visières… Une des motoneiges est tombée en panne… C’était difficile, mais je recommencerais demain.

 «Dans le cas de l’ours, c’était la dernière journée de la saison de chasse, le 30 juin. Je n’avais pas le choix.

 «Le gros ours adulte que je n’ai pas rencontré aurait pu être plus agressif. On le sait quand ses oreilles baissent et que son poil se dresse. Il grogne et il claque des dents. Il faut reconnaître ces signes. Je n’ai jamais eu assez peur pour me remettre en question. On me reproche parfois de ne pas avoir assez peur.»

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