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CHRONIQUE: Un très beau message d’espoir

19 février 2012

Un très beau message d'espoir - Patrick Campeau

Patrick Campeau – Journal de Montréal – 31 Décembre 2012

Chaque jour de notre vie, nous croisons une foule de gens. Chaque individu est unique à sa façon et nous marque pour de bonnes raisons. J’ai fait la connaissance de quelqu’un qui aime la vie plus que toutes les autres personnes que j’ai rencontrées cette année. Il est rempli d’espoir comme nul autre.

Lors d’un récent voyage de chasse au chevreuil en Saskatchewan, à la pourvoirie Western Trophy Outfitters, j’ai été jumelé à un groupe de trois Québécois. J’ai rapidement fraternisé avec Pierre La-Mothe, Xavier Cortes et Daniel Verville.

Lors de la deuxième journée, après que chacun de nous ait passé plus de 11 heures perché dans un mirador, nous nous sommes assis pour souper. À tour de rôle, nous avons raconté ce qui s’était passé lors de cette période. Pierre nous a alors appris qu’il a déjoué un beau 10 pointes. Tout le monde était fier pour lui. Nous nous sommes tous plaints du froid et d’une température vraiment très humide, sauf Daniel. Pour sa part, il a plutôt expliqué d’une façon légèrement philosophique que pour lui, chaque minute passée dans un mirador était l’équivalent de 60 secondes assis au paradis.

J’ai pris quelques minutes pour discuter avec ce gentil homme. Il se démarquait vraiment des autres invités par sa bonne humeur et sa jovialité. C’était le chasseur de son groupe qui semblait avoir le plus d’expérience dans le domaine. Il m’a confié qu’il chassait par-tout où il y avait de gros bucks, comme en Ontario, dans l’ouest canadien, dans certains secteurs du Québec, etc. Il me disait en riant qu’il avait une vive passion pour le dindon sauvage, mais qu’il préférait les cervidés trophées.

Le temps importe peu

À la fin du troisième jour, je lui dis avoir vu un beau huit pointes et avoir préféré le laisser passer, espérant ainsi en attraper un plus gros. Il me répond alors que pour sa part, il était vraiment patient et qu’il voulait un buck de très grande taille. L’année précédente, au même endroit, il a attendu à la toute dernière minute avant de faire feu sur un gros spécimen. Cette année, il souhaitait vraiment attendre que le trophée de ses rêves se pointe le bout du museau. Il ne dérogerait pas de son plan, avant d’obtenir ce qu’il désirait. Il était même prêt à revenir bredouille. Il semblait incroyablement déterminé. Il me répéta encore une fois que lorsqu’il était dans sa cache, il avait l’impression d’être au paradis.

Au cours de la discussion, je lui ai demandé si sa femme travaillait et il m’a répondu de façon affirmative. Il a même surenchéri en me disant qu’il avait trois enfants en bas âge. J’ai ajouté qu’il devait avoir très peu de temps à consacrer à la chasse. Il m’a répondu que son épouse était extraordinaire, qu’elle prenait bien soin de ses enfants et qu’elle le laissait aller courir les bois aussi sou-vent qu’il le voulait et qu’il le pouvait, en fonction de ses horaires. J’ai alors tenté de faire une farce en lui disant qu’il devait avoir beaucoup d’air lousse. Sa réponse m’a sidéré. D’un air, on ne peut plus serein, il m’a raconté qu’il n’aimait pas en parler, mais qu’il ne savait pas combien de temps il lui restait à vivre.

De graves problèmes

En 2007, le pneumologue de cet homme alors âgé de seulement 35 ans lui annonce que le cancer a attaqué un de ses poumons. Peu de temps après, les médecins lui ont enlevé la pointe inférieure de l’un de ces deux organes vitaux. Les spécialistes lui ont alors accordé une convalescence de six mois. Étant incapable de demeurer inactif, il reprend ses fonctions de policier après seulement 30 jours. Dès sa première journée de service, il court après un malfaiteur, comme si de rien n’était, et il le rejoint. L’intervention semblait avoir été une vraie réussite et notre passionné de la vie se portait à merveille.

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